CHAMBRE DE COMMERCE ET D'INDUSTRIE - INTERVIEW PHILIPPE ROUSSY

« Un territoire béni des Dieux »

Le président de la CCI Touraine, Philippe Roussy, veut croire à la poursuite de la croissance grâce à l’attractivité tourangelle.
Philippe Roussy : la CCI Touraine va organiser en 2019 un ensemble d'ateliers obligatoires pour répondre à la thématique RH, ainsi qu'un grand colloque. (Photo archives NR, Hugues Le Guellec)
Philippe Roussy : la CCI Touraine va organiser en 2019 un ensemble d’ateliers obligatoires pour répondre à la thématique RH, ainsi qu’un grand colloque. (Photo archives NR, Hugues Le Guellec)

– Dans quel état de santé trouvez-vous nos entreprises en Indre-et-Loire ?

« Nos entreprises vont plutôt bien. Les carnets de commandes sont pleins, mais elles ont du mal à recruter. Il faut que leurs dirigeants s’engagent dans un processus global en matière de ressources humaines, surtout dans les TPE-PME, à partir des besoins ; mais aussi des évolutions des métiers en se projetant dans l’avenir. Tout va tellement vite aujourd’hui. La CCI Touraine va organiser en 2019 un ensemble d’ateliers obligatoires pour répondre à cette thématique RH, ainsi qu’un colloque comme un marqueur d’envergure… »

– Vous évoquez les difficultés de recrutement alors qu’il y a des offres d’emploi. Comment les expliquer ?

« Aujourd’hui, le recrutement ne doit plus se faire seulement sur CV. À l’occasion de nos visites dans les territoires, nous expliquons qu’il faut prendre le temps d’expliquer et de former. Nous sommes face à des générations Y et Z qui n’ont plus forcément envie de faire carrière au même endroit, toute leur vie. Or, les mieux outillées pour enseigner, ce sont les filières. Regardez Supra Technologie (Sfop). Elle mène des actions avec Pôle Emploi et ses salariés pour un public de retour à l’emploi. La solution, c’est la microformation ! Et l’objectif, le retour à l’emploi. »

« Nous rendre attractifs en dehors de la région ».

– Quelle implication aurez-vous dans la future Maison de l’entreprise portée par Tours Métropole ?

« Cette idée est née d’échanges informels que Thibault Coulon a portés ensuite. Nous voyons cette initiative d’un très bon œil. Notre intérêt, c’est que la Métropole soit fédératrice et il vaut mieux avoir un lieu unique. Nous apporterons favorablement nos compétences. Cela se fera très certainement après les élections municipales de 2020… ».

– Une marque territoriale – Tours Loire Valley – est également créée entre la Métropole et les dix intercommunalités d’Indre-et-Loire. C’est une bonne chose ?

« L’objectif d’un tel marketing territorial, c’est de nous rendre attractif, en dehors de la région. Cela va tirer nos entreprises vers le haut, d’autant que nous avons ici un territoire béni des dieux où il fait bon vivre, avec de très bons équipements comme le CHRU. Nous n’avonspas de défaillances. »

– Vous avez présenté avec la CCI de l’Aube une étude d’impact sur le village des marques à Sorigny. Étiez-vous favorable au projet ?

« Je préfère avoir de l’analyse dans ce dossier. C’est ce qui a été présenté. Ça n’aurait pas été un cataclysme. Nous n’avions pas à dire si c’était bien ou mal. Et on ne pouvait pas faire l’économie de la réflexion où que ce projet se fasse. Nous avons évoqué la disparition de 70 commerces. Ce village aurait accéléré la chute de ceux qui ne vont pas bien. Et ne réglera pas le problème des centres-villes. En fait, la première vitrine aujourd’hui, c’est le digital. Les commerçants n’ont pas d’autre choix que d’innover, d’organiser des ventes privées, d’avoir leur site marchand. »

– Comment avance la transition concernant le départ de l’école de chasse avec la gestion civile de l’aéroport de Tours ?

« D’abord sans aéroport, Tours ne serait plus tout à fait une métropole. Nous avons quelqu’un à la tête du Syndicat mixte qui fait le job. L’aéroport ne pourra se développer que si on libère les énergies et sortons des contraintes imposées par Ryan Air. L’objectif commercial est de passer de 200.000 à 600.000 passagers d’ici quinze ans. »

Propos recueillis par Bruno Pille