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McSAF : tests in vitro pour remèdes de demain.

L’équipe de Marie-Claude Viaud-Massuard au travail, dans le laboratoire de l’UFR des sciences pharmaceutiques de Tours. (Photo NR)
L’équipe de Marie-Claude Viaud-Massuard au travail, dans le laboratoire de l’UFR des sciences pharmaceutiques de Tours. (Photo NR)

Ce prix de la Fondation François-Rabelais récompense la recherche et l’innovation d’une petite équipe de scientifiques tourangeaux, dont les laboratoires sont situés dans les locaux de l’UFR des sciences pharmaceutiques. L’aventure a démarré grâce au souhait de Marie-Claude Viaud Massuard, professeur de chimie à l’université François-Rabelais, de créer sa propre société, sur la base d’une idée originale : participer à l’avènement du médicament de demain. Cette idée remporte le prix, en 2015, du concours BPI Émergence, qui reconnaît le potentiel du projet. Soutenue financièrement par l’apport de fonds propres de la part de son mari, Didier Massuard, et confiants quant à la faisabilité de ce projet, ils fondent ensemble McSAF.

Ayant à cœur de s’inscrire dans une démarche de R&D, McSAF acquiert, mi-2016, la licence mondiale exclusive du brevet « nouveaux conjugués anticorps-médicaments ». Celui-ci décrit une technique innovante pour relier une petite molécule organique à un anticorps et ainsi obtenir un effet synergique alliant la très forte activité de la molécule organique à la reconnaissance d’une cible par l’anticorps. Déjà connus pour lutter contre certains cancers, ces entités sont communément appelées ADCs et permettent de minimiser les effets indésirables tout en augmentant l’efficacité du traitement.

La phase pré-clinique dans un délai de deux ans 

« La bioconjugaison, explique Marie-Claude Viaud-Massuard, c’est permettre de soigner là où l’on souhaite en ciblant l’agent pathologique, que ce soit en oncologie, en cardiologie, immunologie ou en santé animale. C’est l’association de deux entités, biologique et chimique, pour maximiser son effet, reliées entre elles grâce à une troisième molécule (le linker). » Récemment, la start-up tourangelle a enrichi ses compétences (ingénieurs, (post)-doctorants et techniciens) afin de mener de front son propre projet R&D, mais aussi trois autres projets en collaboration avec des équipes universitaires : un premier pour l’amélioration de la reproduction animale, un second sur fabrication d’un bio-conjugué portant une molécule active originale et un troisième dans le domaine de l’immunothérapie.

Grâce aux travaux effectués pour valider la robustesse du brevet, des tests in vitro sur des lignées de cellules cancéreuses sont effectués en cette fin d’année et McSAF s’est donnée deux ans pour atteindre la phase pré-clinique de son développement et proposer cette nouvelle technique sous licence aux grands acteurs de l’industrie pharmaceutique. « Notre but est de répondre à un réel besoin de l’industrie pharmaceutique, en créant une nouvelle génération de médicaments, souligne Didier Massuard. McSAF souhaite continuer de se développer et va faire appel à des investisseurs. Pour accueillir ces nouveaux partenaires, elle a été structurée sous forme d’une SAS. »

Bruno Pille

McSAF

1 rue Claude-Thion, 37000 Tours.

Tél. 02.47.25.01.54.

> Effectif : 9 personnes.

> Co-fondateurs : Didier Massuard et Marie-Claude Viaud-Massuard.