MÉTROPOLE - INTERVIEW PHILIPPE BRIAND

Promouvoir notre identité

Tours Métropole Val de Loire se veut désirable. Son président Philippe Briand annonce la création d’une marque de territoires.
Pour Philippe Briand, il faut créer des outils pour "nous reconnaître de loin pour nous connaître de près. C'est notre ambition." (Photo archives NR)
Pour Philippe Briand, il faut créer des outils pour « nous reconnaître de loin pour nous connaître de près. C’est notre ambition. » (Photo archives NR)

– Tours Métropole Val de Loire crée, avec les 10 autres EPCI d’Indre-et-Loire, une marque de territoires. Pourquoi et quels sont les moyens pour mettre en œuvre cet objectif ?

« Faire gagner un territoire, c’est d’abord le faire connaître. Mais pourquoi les entreprises, les chercheurs, les étudiants viendraient-ils s’installer chez nous plutôt qu’ailleurs ? C’est à cette question que répond une vraie stratégie d’attractivité : investir notre identité, en être profondément fiers, la promouvoir au-delà de nos frontières. J’irais même jusqu’à dire : « être désirable » ! Les outils, nous les avons imaginés simples et modernes. Parmi eux, des « ambassadeurs » qui veulent partager leur fierté de travailler sur notre territoire ou d’y avoir vécu, un portail numérique entièrement tourné vers notre attractivité, une marque territoriale qui nous identifie clairement dans un paysage économique, touristique et culturel. Nous reconnaître de loin pour nous connaître de près, c’est notre ambition ! »

– Une Maison des Entreprises devrait voir le jour. À quoi va-t-elle servir ?

« Vous savez, je suis frappé par le parcours du combattant que rencontre tout jeune créateur d’entreprises ! Par expérience, je sais que la tendance à l’éparpillement des infos conduit à une perte en ligne très pénalisante pour les entreprises. Il nous faut donc créer un lieu où tous les acteurs du développement économique sont rassemblés, où l’accueil et l’humain sont réellement pris en compte, un lieu où les démarches administratives sont simplifiées pour gagner du temps, de l’efficacité et, au bout du compte, de l’emploi et du rayonnement pour les habitants de Tours Métropole Val de Loire. »

« À Mame, on fabrique de l’intelligence collective. »

– 2019 verra la fin des travaux de Mame. Est-ce la vitrine du numérique et de l’innovation que vous souhaitez ?

« Du numérique certes, mais de l’innovation plus encore ! À Mame, avec près de 60 entreprises et plus de 150 emplois, ça bouge tout le temps ! Si on y ajoute de la formation de pointe en liaison avec l’Université de Tours (Intelligence des Patrimoines), l’École Supérieure des Beaux-Arts ou Le Cercle Digital, école d’édition et de journalisme, on se croise, on échange de l’info, on vit au rythme des projets pleins la tête. À Mame, on fabrique vraiment de l’intelligence collective, on la développe, on la partage. C’est une vraie place forte du rayonnement de la Métropole. Lorsque les travaux seront finis, croyez-moi, on aura un outil formidable de recherche et d’innovation dans un écrin emblématique de l’architecture des années 50. »

– Le transfert de l’école de chasse approche. Comment vous préparez-vous et où en sera-t-on ?

« La Touraine a besoin d’un aéroport parce que ça répond à un vrai besoin économique. Dans les dix ans qui viennent, le trafic aérien va doubler. Il y aura les territoires qui pourront répondre à cette demande et il y aura ceux qui ne le pourront pas. Croyez-moi, ces territoires-là seront des territoires délaissés, ne serait-ce que comme destinations touristiques de départ ou d’arrivée ! Et si le CHU est en pointe dans le secteur de la greffe, c’est justement parce qu’il est possible de transporter les greffons en toute sécurité, c’est-à-dire très rapidement. Combien de vies sauvées parce que l’aéroport existe ? Des dizaines ! Sérieusement, est-ce que la Loire Valley, destination connue dans le monde entier, peut se permettre de passer à côté d’un aéroport digne d’une Métropole comme la nôtre ? Je ne le crois pas. Il faut le booster, cet aéroport, comme un outil d’ouverture et d’attractivité en prolongeant la première ligne de tram, à partir du dépôt de Tours Nord, pour le relier beaucoup plus facilement. Vous savez, à une heure de Paris avec le TGV, avec le tram, avec les réserves foncières qui l’entourent et, en conséquence, avec la possibilité d’accueillir des entreprises – comme c’est déjà le cas, je vous le rappelle, avec l’école de pilotage Air Paris Academy – nous pouvons devenir une formidable et vraie plateforme de développement économique et touristique. »

Le Prix de la Métropole revient à SKF. Pourquoi ce choix ?

« C’est une reconnaissance pour un savoir faire qui est d’abord un savoir entreprendre. Et cela correspond parfaitement à l’idée que la Métropole se fait des entreprises, des hommes et des femmes qui les font vivre, d’un projet partagé pour l’emploi, le développement économique, durable et notre attractivité. »

Propos recueillis par Bruno Pille