Des hommes et des femmes qui ont le goût d’entreprendre

Devant un parterre de plus de 400 personnes hier soir à Cap’Ciné, le Top des entreprises a été dévoilé. Sous le signe d’une belle vitalité économique.

Grand témoin de la soirée, Pascal d'Halluin a insisté sur l'enjeu majeur du e-commerce. - (Photos NR, Sébastien Gaudard)
Grand témoin de la soirée, Pascal d’Halluin a insisté sur l’enjeu majeur du e-commerce. – (Photos NR, Sébastien Gaudard)

Si c’était à refaire, on le referait. Ils l’ont tous dit ou presque celles et ceux qui ont eu le courage et le talent de créer, reprendre ou innover, lors du Top des entreprises. En effet, à l’honneur hier soir dans la grande salle de Cap’Ciné à Blois : « de très belles entreprises… l’occasion de saluer la vitalité économique du département malgré une année difficile. Les entrepreneurs n’ont pas baissé les bras », a souligné d’entrée Christophe Gendry, directeur départemental de La Nouvelle République de Loir-et-Cher dont c’était la très vivante première présentation de cette, très attendue, soirée du monde économique.

Une grand-messe résolument optimiste, organisée par la NR et ses partenaires (lire ci-contre), qui, à l’aube de ses 20 ans, propose toujours une jolie lueur d’espoir. Parfaitement représentée hier soir à travers le grand témoin, Pascal d’Halluin, désormais célèbre « redresseur de marques » qui n’a pas manqué de faire remarquer qu’à l’étranger, la « Loire Valley est presque plus connue que la France elle-même » !

Des marques et des hommes

Il a évidemment retracé son parcours peu commun, ponctuant son discours d’anecdotes, mais aussi détaillé l’enjeu majeur, « colossal», du digital et du e-commerce. Rappelant toutefois la nécessité pour chaque entreprise d’y « préserver son identité », mais de ne surtout pas négliger cette nouvelle donne incontournable.
Illustrant son propos en affirmant : « Les marques sont des corps vivants, qui doivent se nourrir chaque jour de décisions et d’actions porteuses… mais derrière les marques, il y a des hommes. »
L’humain a d’ailleurs été au cœur de nombreux discours. Des récipiendaires, bien sûr, qui n’ont eu de cesse de rappeler la solidarité des uns et des autres notamment par rapport aux inondations cette année, ou encore lorsque l’un ou l’une de ces valeureux entrepreneurs a besoin de solidarité. Mais également par les acteurs économiques du département.
A l’image d’Yvan Saumet (à la tête de la CCI), qui n’a pas hésité à avancer l’indispensable « utopie qu’il faut à un chef d’entreprise » en répondant à une question sur le projet de deuxième échangeur, qu’il a raconté de façon pédagogique.
Le tout croqué en direct par le dessinateur Jean-Paul Vomorin, qui a régulièrement amusé la salle de ces salves illustrées. Bruno Bécard, rédacteur en chef de la NR, a ponctué la soirée sur les mêmes thèmes : une dose d’utopie, un soupçon de générosité et une bonne part de talent.
Un cocktail qui aura de quoi susciter des vocations.

Natacha Monhoven

Transmanut, entreprise de l’année !

Christian et Matthieu Savignard ont reçu le Top de l'innovation avant de se voir décerner le titre d'« entreprise de l'année ».
Christian et Matthieu Savignard ont reçu le Top de l’innovation avant de se voir décerner le titre d’« entreprise de l’année ».

Appelé à choisir entre les cinq lauréats de l’édition 2016, le public a voté à hauteur de 31 % des suffrages pour attribuer à Transmanut le titre d’entreprise de l’année. Son dirigeant et fondateur Christian Savignard a reçu le trophée des mains d’Yvan Saumet, président de la chambre de commerce et d’industrie.
Installée à Vineuil, cette modeste, mais dynamique société cumule tous les atouts de la réussite : l’inventivité, l’écoute de ses clients, la motivation du personnel, la capacité à identifier les créneaux porteurs. Au cours de son histoire, longue de déjà trente-cinq ans, elle a mis au point de multiples solutions pour répondre à toutes les problématiques de la manutention, son métier de base.
Dernier en date, le « Cartcity » est un concentré de bonnes idées. Ce transpalette à trois roues, autonome et doté d’une motorisation électrique voyage sous la plateforme du camion. Il s’en détache en trois gestes pour acheminer les charges les plus massives (jusqu’à une tonne) dans les zones piétonnes ou les secteurs inaccessibles aux poids lourds, quelle que soit la nature du sol ou son relief. « J’ai toujours eu la passion de l’invention » a résumé Christian Savignard, dont le fils Matthieu et la fille Aurélie codirigent avec lui l’entreprise. Le public a été sensible au talent de ce Géo Trouvetout, mais aussi à l’évidente complicité familiale qui règne dans la maison et à la dimension, non seulement technique, mais aussi humaine et sociétale du Cartcity : moins de pénibilité pour les chauffeurs livreurs, moins de pollution dans les zones urbaines.
Transmanut incarne en la circonstance une belle image de l’industrie loir-et-chérienne, acteur d’une meilleure qualité de vie. C’est cela aussi, le progrès !

Jean-Louis Boissonneau

 

Grand témoin

Pascal d'Halluin.
Pascal d’Halluin.

Après avoir successivement redressé Lee Cooper, Lacoste ou bien encore Cacharel, Pascal d’Halluin a repris avec son associé Yves de Talhouët, le 21 mai 2014, la Faïencerie de Gien (fondée en 1821) qui était alors en grande difficulté. Préservant 140 emplois. Aujourd’hui, le fleuron du savoir-faire français brille à l’export avec 300 points de vente aux Etats-Unis, une centaine en Allemagne… et vise le marché chinois. Le secret pour que les entrepreneurs puissent fonctionner ? « Qu’on leur fiche la paix ! Il ne faut pas les accabler de normes… mais il faut aussi associer le personnel au capital. » Enfin, pour l’anecdote, il a expliqué la différence entre la porcelaine et la faïence. Vous ne savez pas ? « La première est translucide, la seconde opaque. » De quoi briller en société !