CONJONCTURE

Le casse-tête du recrutement

C’est désormais le problème numéro un des chefs d’entreprise : où trouver les salariés dont ils ont besoin ? Des stratégies se mettent en place.

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C’est (presque) une bonne nouvelle : avec un zeste de provocation, nous soulignions l’an passé ici même la nouvelle préoccupation des chefs d’entreprise de la Vienne, embaucher. Finies ou en tout cas passées au second plan, les lamentations sur les affaires qui ne marchent pas, les contrats publics qui tardent à redémarrer, voire les charges qui pèsent sur l’entreprise. Désormais, du nord au sud du département, le sujet numéro un de conversation entre les patrons de PME, c’est la difficulté à recruter les collaborateurs dont ils ont besoin. Les témoignages sont multiples et varient selon les métiers et les zones géographiques. Dans les start-up du Futuroscope, ce sont les compétences de haut niveau qu’on a du mal à convaincre de venir dans la Vienne. Paris et les grandes métropoles régionales, où les perspectives de carrière, si besoin en passant d’un employeur à l’autre, sont immenses, se taillent la part du lion. À tel point que nombre d’entreprises de haute technologie, pourtant fidèles au département qui les a vus naître et souvent les a accompagnées pour leurs premiers pas, se voient contraintes, à l’image de Rhinov ou Technique Solaire, d’ouvrir des agences à Bordeaux, voire à Paris.

Mais les difficultés de recrutement ne sont pas l’affaire des seules start-up. Si les prestigieuses entreprises industrielles de l’aéronautique et de la défense, à l’image de Mecafi ou Saft, trouvent encore facilement les ouvriers hautement spécialisés dont elles ont besoin, d’autres, pourtant florissantes à l’image de Sateco à Mirebeau ou Blount à Civray, avouent avoir du mal à renouveler et a fortiori à augmenter leurs effectifs.

Face à cette situation des stratégies se mettent en place. À Loudun, les belles entreprises de la métallurgie ont compris qu’il leur sera difficile de faire venir des soudeurs ou des chaudronniers qualifiés dans ce nord Deux-Sèvres si éloigné des centres urbains. Ils ont donc, en liaison avec l’UIMM, décidé de faire former leurs futurs collaborateurs, sur la base du volontariat parmi les demandeurs d’emploi.

Plus globalement, les réseaux d’entreprises de la Vienne, associés aux syndicats de branche (UIMM, FFB) et au Medef, aux chambres consulaires et aux collectivités territoriales, ont décidé d’unir leurs efforts dans une plate-forme commune. L’objectif : rameuter vers la Vienne les candidats à la mobilité. « Il faut, explique Catherine Lathus, administratrice de la Fédération du bâtiment et de la CCI, informer ces candidats, mais aussi les accompagner physiquement lorsqu’ils font l’effort de venir découvrir le département. Il faut aussi s’intéresser aux conjoints, à l’offre immobilière, à l’éducation des enfants… »

Vaste et ambitieux projet, en cours de fabrication, qui devrait se concrétiser dès le premier trimestre 2019.

Vincent Buche

187

le nombre de liquidations prononcées sur douze mois par le tribunal de commerce de Poitiers. En légère augmentation par rapport à la même période de 2017 (168).

159.500

emplois salariés dans la Vienne à la fin du deuxième trimestre 2018. Soit une progression de 300 postes de travail (+ 0,2 %). Insuffisant pour résorber le chômage.

2.840

entreprises avaient été créées dans la Vienne au 31 août 2018 (sur 12 mois). Un chiffre en forte progression par rapport à la même période un an plus tôt (2.472).