CONJONCTURE

La reprise manque de souffle

 

 

Après une forte activité au second semestre 2017, la croissance enregistre un ralentissement cette année. De plus, les entreprises peinent à recruter.
Parmi les métiers en tension, celui de cariste. (Photo archives NR, Hugues Le Guellec)
Parmi les métiers en tension, celui de cariste. (Photo archives NR, Hugues Le Guellec)

Être résolument optimiste ! Après un sursaut d’activité fin 2017, l’année 2018 ne s’annonce pas aussi flamboyante. En tout cas, en deçà des espérances exprimées par de nombreux chefs d’entreprise. Ce que confirme, Jérôme Gernais, président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de l’Indre, et lui-même industriel : « Le dernier semestre 2017, il y a eu un sentiment de reprise grâce à une activité forte. On avait l’impression d’un retour à la normale. Même si l’activité reste soutenue au premier trimestre 2018, on observe un ralentissement avec des secteurs qui souffrent, comme l’automobile, ceux qui ont des marchés vers l’Iran et à cela s’ajoute le diesel Gate. »

Si les baromètres économiques tablent sur une stabilisation de la croissance des PME « leurs capacités d’accélération risque de se heurter à des difficultés de recrutement croissantes », estime BPI France. Dans l’Indre, le manque de main-d’œuvre qualifiée – et pas seulement – devient un enjeu majeur pour la pérennité des entreprises. « Le recrutement est un vrai problème, on ne trouve plus les compétences sur le marché et même pour des postes non qualifiés, il y a peu de candidats », constate le président de la CCI, citant l’exemple de l’entreprise Covepa Michels « qui ne trouve pas de caristes ».

Une situation pour le moins paradoxale car sur le front du chômage, au troisième trimestre 2018, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 3,4 % dans le département (1,8 % en Centre-Val de Loire) soit plus de 350 personnes. Pourtant de nombreuses entreprises cherchent désespérément à recruter comme WestRock, concepteur et fabricant de machines de suremballage. L’essor du luxe favorise également l’emploi dans le secteur de la maroquinerie, mais les recrutements sont tendus.

L’industrie manque aussi de bras et de têtes pensantes. Ainsi, le spécialiste de la cheminée industrielle, Beirens, filiale du groupe Poujoulat, a participé, en novembre, à l’exposition « L’Usine extraordinaire » au Grand Palais, à Paris, pour faire la promotion des métiers de la chaudronnerie. L’entreprise de Buzançais a d’ailleurs mis en place sa propre école de formation. Dans le BTP, on s’inquiète également d’une « évasion » des salariés vers d’autres départements : « On connaît une pénurie de main-d’œuvre et d’apprentis formés », regrette Florent Rouet, secrétaire général de la Fédération du bâtiment de l’Indre.

Être résolument optimiste ! « Nous enregistrons plus de reprises d’entreprise et bonne surprise, moins de défaillances en 2018, observe Séverine Pivot, secrétaire générale de la chambre de métiers. Autre point, les entreprises artisanales font plus de demandes d’investissement, notamment pour la subvention régionale CAP Développement. »

Être résolument optimiste ! L’Indre a des atouts mais le territoire ne semble guère attractif. Pour faire face à cette baisse constante de la démographie, et attirer aussi des entreprises, le conseil départemental se veut offensif avec un plan sur six ans. 450.000 euros seront consacrés à cette opération la première année. Objectif : séduire.

Jacky Courtin

83.717

le nombre d’emplois du secteur privé dans l’Indre, dont 73.397 emplois salariés et 10.320 emplois non salariés. En 2010, la population active du département représentait 90.494 emplois.

 

8.850

le nombre d’entreprises artisanales, commerciales, industrielles et de services enregistrés dans l’Indre au 1er janvier 2018. On compte aussi 3.240 exploitations agricoles moyennes et grandes.

 

108

le nombre de liquidations judiciaires à la date du 31 octobre 2018, qui touchent 159 salariés, pour un chiffre d’affaires de 14,653 M d’euros. (88 liquidations en 2017)