La Soirée

 

L’économie tourangelle dans une parenthèse optimiste

La grande soirée de l’économie tourangelle a mis en lumière ses entreprises exemplaires
et originales. Et fait du bien au moral.

Cette année encore, la grande salle du Palais des congrès de Tours était totalement remplie : plus de 1.500 acteurs économiques s’y étaient donnés rendez-vous. (Photo NR, Hugues Le Guellec)
Cette année encore, la grande salle du Palais des congrès de Tours était totalement remplie : plus de 1.500 acteurs économiques
s’y étaient donnés rendez-vous.
(Photo NR, Hugues Le Guellec)

Les soirées du Top se suivent. Mais se ressemblent-elles ? Sur la forme, plusieurs nouveautés ont agrémenté l’édition 2018 : la présentation d’une création d’entreprise en 180 secondes (lire ci-dessous) par deux anciens thésards, la présence du caricaturiste Jean-Paul Vomorin, chargé de croquer les intervenants, l’intermède musical de l’Ensemble de percussions de Tours, encouragé par la famille Bergerault.
Membre du directoire et directeur de la rédaction de la Nouvelle République , Christophe Hérigault a fait ce constat : « 2018 fut une année blanche qui a fini par jaunir ».

Ces entreprises qui laissent parler la matière

Sur le fond, l’économie tourangelle a parfois ressemblé « à un moteur qui tousse ». D’ailleurs, fallait-il faire la fête aux entreprises dans un climat de morosité qui dure depuis plusieurs semaines ? C’est en tout cas le choix qu’a fait le groupe La Nouvelle République, qui souligne depuis dix-huit ans les talents et l’audace des entrepreneurs de nos territoires.

Douze entreprises tourangelles ont été récompensées durant la soirée . (Photo NR, H. Le Guellec) Photo : Hugues Le Guellec
Douze entreprises tourangelles ont été récompensées durant la soirée . (Photo NR, H. Le Guellec) Photo : Hugues Le Guellec

Car les atouts de la Touraine sont nombreux. L’Indre-et-Loire est le premier département touristique du Val de Loire, son appareil de formation et de recherche publique est performant, avec ses 27.000 étudiants, ses 2.500 chercheurs également présents à l’INRA et au CEA, ses écoles de commerce et d’ingénieurs, son Institut du médicament, son campus de start-up, une hausse de 5 % des entrées dans l’apprentissage… Et pour compléter cet environnement propice à son développement, rappelons que le chômage y est inférieur au niveau national, les activités restent diversifiées et positionnées sur des technologies stratégiques (digital, pharmaceutique, agroalimentaire), très ouvertes à l’international.
Hier, la soirée du Top a salué l’amour du travail bien fait, récompensé et associé ces entreprises qui laissent parler la matière, grise, électrique, numérique, naturelle ou brute de fonderie : Escape Yourself, Bertucelli, RDV Productions, Alienor France, Belorr, Solary TV Productions, Lestra, Le Kiosque Gourmand, Edgar Opticiens, SKF, Supra Technologies…

https://twitter.com/NR_Tours/status/1072209798911926272
Alors, dans un contexte de reprise hésitante et des semaines de tension, il fallait donc ouvrir une parenthèse d’optimisme. Et tenir le besoin de se recentrer sur de belles histoires qui donnent envie de travailler autrement en Touraine.

Bruno Pille

https://twitter.com/NR_Tours/status/1072208244993654789

180 secondes pour vendre sa compétence

Présentés par la Fondation François-Rabelais, choisis par l’Université de Tours, Martial Degbia et Marie Huyghe ont inauguré la nouvelle introduction de la remise des prix du Top. Ils ont en effet défendu leurs thèses et leurs créations d’entreprise en 180 secondes. Trois minutes pour tenir la grande salle du palais des congrès en haleine, dans un exercice de haute volée parfaitement maîtrisé, par l’un comme par l’autre.

Martial Degbia, Prix du public pour ses recherches sur les semi-conducteurs organiques. Photo : Hugues Le Guellec
Martial Degbia, Prix du public pour ses recherches sur les semi-conducteurs organiques. Photo : Hugues Le Guellec

Premier à se lancer dans cette joute oratoire, Martial Degbia a expliqué qu’il serait possible, demain, de transformer le photovoltaïque avec le silicium par du photovoltaïque utilisant des cellules chimiques. « Aujourd’hui, nous connaissons les panneaux solaires solides, posés sur les toits. Avec ma société Ikamba Organics, nous mettons au point des familles de semi-conducteurs organiques, pour rendre le photovoltaïque souple, comparable à une feuille de papier compatible avec le vêtement, la peinture, les objets connectés. » La start-up Ikamba Organics, fondée en 2015 par Martial et son associé Samuel, exploite à ce jour trois brevets issus des travaux de recherche menés en collaboration avec le laboratoire PCM2E de l’Université de Tours. Ikamba Organics a bénéficié des soutiens de l’Université de Tours, BPI France, la Région, France Active, la Satt et la CCI Touraine.

Marie Huyghe, chercheur et consultante en mobilité en milieu rural, sujet d’actualité. Photo : Hugues Le Guellec
Marie Huyghe, chercheur et consultante en mobilité en milieu rural, sujet d’actualité. Photo : Hugues Le Guellec

« A la campagne, on ne fait qu’utiliser la voiture, et les territoires se sont construits autour du véhicule. Il y a un besoin énorme d’accompa- gnement au changement. ». Cette assertion revêt depuis ces dernières semaines une importance particulière avec l’incendie allumé par la hausse des taxes sur les carburants. Pourtant, Marie Huygue a travaillé sur la dépendance de la voiture en milieu rural sur plusieurs années, au point d’en faire un sujet de thèse puis de se lancer comme consultante auprès des élus, de la petite commune aux régions. « Je reste chercheur. Tout ce que j’observe va me servir comme propositions. Il n’est d’abord pas question de supprimer la voiture. Mais il est urgent de faire bouger les lignes face à des élus assez peu pro-actifs. Heureusement, on voit se multiplier les postes de conseillers en mobilité. On a en effet des chargés de mission plus sensibles à ces questions, et donc forces de propositions aux élus. »
Le développement du photovoltaïque a été finalement préféré à l’avenir des mobilités dans les territoires ruraux.

B.P.