2018 Création/reprise : Ferme de la Faubonnière

De l’élevage à la vente, une chaîne maîtrisée

À la tête de la Ferme de la Faubonnière, à Chémery, depuis 2014, Vincent et Isabelle Cailleau élèvent canards gras et poulets, avant de transformer la viande sur place.

Vincent Cailleau élève des canards destinés notamment à la production de foie gras. (Photo NR)
Vincent Cailleau élève des canards destinés notamment à la production de foie gras. (Photo NR)

Vincent et Isabelle Cailleau sont tous les deux issus du milieu agricole. « Mes parents étaient éleveurs et négociants de bestiaux dans le Maine-et-Loire ; mon beau-père était technicien agricole et possédait une petite ferme spécialisée dans la culture de fruits, au Mans, qu’a repris le frère de ma femme », raconte Vincent Cailleau, 47 ans, qui a travaillé pendant dix-huit ans dans l’agroalimentaire.

Depuis 2011, le couple réfléchissait à la reprise de la ferme des Frères Crèche, à Chémery. « Je connaissais ces éleveurs. C’étaient des fournisseurs de mon ancien travail. Ils n’avaient pas de repreneur, et nous, nous recherchions une exploitation avec un élevage. » Entre-temps, en 2012, Vincent Cailleau a monté une activité de négoce en bétail qu’il poursuit encore : « J’achète des bovins sur pied qui partent ensuite à l’abattoir, avant de vendre les carcasses entières à Rungis. »

Il y a quatre ans, Vincent et Isabelle se sont donc lancés dans cette nouvelle aventure avec leurs deux sociétés : l’EARL La Faubonnière pour l’élevage de canards et de poulets et la SARL Crèches en ce qui concerne la transformation et la commercialisation des produits. À côté d’eux, un autre agriculteur a repris l’élevage de vaches, veaux et moutons. « Le fait de pouvoir maîtriser la chaîne de A à Z, de l’élevage à la vente m’a séduit, reconnaît Vincent Cailleau. Je fixe mes prix en fonction des coûts de revient. »

Rapidement, le couple a investi 50.000 € pour créer en extérieur huit parcs avec des enclos, de façon à travailler avec leurs animaux en bande unique, en ne mélangeant pas les différents âges. La société a également déboursé 100.000 € pour le laboratoire. Les éleveurs reçoivent les canards à un jour. Les bêtes passent ensuite douze semaines au niveau du parc, puis douze jours en salle de gavage afin d’obtenir le fameux foie gras. Quant aux poulets, leur croissance dite « lente » se fait sur quatre mois.

La moitié des ventes se fait à la ferme

Foie gras, conserves de pâté, rillettes, gésiers, confits, choucroute, petit salé… sont autant de produits fabriqués à la ferme. « 50 % de notre débouché se font grâce à la vente à la ferme ; 20 % sont réalisés dans quatre magasins de producteurs au Mans, à Chambray-lès-Tours, à Blois et à Bourges ; le restant se fait par la grande distribution locale, les salons gastronomiques, les épiceries fines et la restauration collective. »

Le couple a triplé l’effectif, passant de trois salariés en 2014 à neuf aujourd’hui. Les époux Cailleau ne comptent pas s’arrêter là. Ils projettent de doubler la capacité de leur élevage en y intégrant des pintades et des volailles festives et en triplant la production de canards. Ils ont aussi l’intention d’agrandir le laboratoire, qui arrive à saturation. Le tout représente un investissement de 800.000 €. « Ce projet devrait s’accompagner de création d’emplois », annonce le gérant.

Claire Neilz

La Ferme de la Faubonnière

41700 Chémery, tél. 02.54.71.81.77. www.fermedelafaubonniere.com

> CA 2018 : 700.000 €.

> Effectif : 9 salariés.

> Dirigeants : Vincent et Isabelle Cailleau, gérants.