L'analyse

Conjoncture : une année en demi-teinte

L'économie départementale a connu une année 2018 plus délicate que prévu. (Photo NR, Jérôme Dutac)
L’économie départementale a connu une année 2018 plus délicate que prévu. (Photo NR, Jérôme Dutac)

Alors que tous les espoirs étaient permis après 2017, l’année 2018 déçoit. L’économie de Loir-et-Cher serait-elle en train de s’essouffler ?

Si l’année 2017 avait été exceptionnellement bonne, relançant l’optimisme des chefs d’entreprise, les indicateurs de 2018 n’ont pas été à la hauteur des attentes. « Nous pensions que cette année allait se dérouler sur la même lancée que la précédente. La consommation des ménages stagne sous l’effet de certaines mesures fiscales et surtout du renchérissement du coût de l’énergie. Les objectifs de croissance pour 2018 ont été revus à la baisse », souligne Lionel Henry, directeur de l’Observatoire de l’économie et des territoires de Loir-et-Cher.

Dans le département, la dynamique s’avère assez faible en matière d’emplois, avec toujours des pertes de postes. « Notre économie s’essouffle. Plusieurs facteurs l’expliquent. Le secteur de l’industrie, assez fortement représenté en Loir-et-Cher, perd des emplois. Dans le bâtiment, il y a peu de gros chantiers à ce jour. Le niveau de constructions de logements est au plus bas de ces quarante dernières années. Concernant les services, la croissance est assez molle. Au premier trimestre 2018, on a constaté la perte de 270 emplois salariés dans le secteur privé hors agriculture. »

Un attrait pour l’intérim

L’Observatoire de l’économie et des territoires note un attrait pour l’intérim. « Quand les entreprises ont recours à l’intérim, cela signifie qu’elles n’ont pas de visibilité assez loin pour embaucher, annonce Lionel Henry. Même si les chefs d’entreprise ont des carnets de commandes assez étoffés actuellement, beaucoup d’inconnues demeurent pour le début d’année 2019. »

Après avoir fortement chuté au quatrième trimestre 2017, l’activité des commerçants a repris des couleurs au deuxième trimestre 2018. 58 % des professionnels interrogés ont constaté une progression ou une stabilité de leur chiffre d’affaires. « Mais le nombre de commerçants enregistrant une diminution de leur chiffre d’affaires demeure important. Les difficultés financières sont exprimées principalement par les commerçants d’hyper et de supermarchés, les commerçants œuvrant dans la culture et les loisirs et l’alimentaire, et notamment chez ceux situés en centre-ville et dans les quartiers. »

Sur le front du chômage, le Loir-et-Cher compte de moins en moins de demandeurs d’emploi de catégorie A. Pour autant, il y a un décalage entre l’offre et la demande. « Dans l’industrie, il y a un problème de qualification. Dans le numérique, on constate une vraie pénurie, et dans ce jeu de la concurrence entre territoires, le Loir-et-Cher n’est pas assez attractif. Le phénomène de métropolisation crée de l’emploi et attire des jeunes. »

Au sein du département, tous les bassins de vie ne sont pas logés à la même enseigne. « Le Blaisois souffre beaucoup. Le Romorantinais connaît la croissance démographique et de l’emploi la plus forte en ce moment. Dans le Vendômois, où le taux de chômage est déjà le plus faible du département, de beaux projets sont annoncés. »

Claire Neilz

135

C’est le nombre de procédures de redressement judiciaire (défaillance d’entreprise) qui ont été ouvertes au premier semestre 2018. C’est l’un des résultats les plus faibles de ces treize dernières années, soit 4 % de moins qu’au premier semestre 2017.

198

C’est le solde positif d’entreprises gagnées en Loir-et-Cher, au premier semestre 2018, calculé à partir des 464 immatriculations et des 266 radiations recensées par le Répertoire des métiers. En région Centre-Val de Loire, tous les départements constatent un gain d’entreprises.

57,1 %

C’est la proportion de responsables d’entreprises qui se disent optimistes dans le cadre d’une récente enquête de l’Observatoire de l’économie et des territoires de Loir-et-Cher. Taux qui reste stable (+ 1 point en un an) et à un niveau élevé. Les pessimistes représentent 9 % du panel. Quant aux indécis, ils ont progressé de 4 points par rapport à l’an passé.