CONJONCTURE : pas de franche reprise

Après un trou d’air au premier semestre, l’économie est repartie. La croissance va se situer autour de +1,6 % contre des prévisions à + 2,3 %.

Le tourisme reste un secteur phare du département. (Photo archives NR)
Le tourisme reste un secteur phare du département. (Photo archives NR)

Flambante, l’année 2018 ? Pas vraiment et certainement en deçà des espérances exprimées l’an dernier dans les colonnes de ce supplément. Pourtant, et selon les différents baromètres publiés dans les différents secteurs de l’économie, la croissance de l’activité des PME devrait se stabiliser à un niveau élevé cette année en France, mais « leurs capacités d’accélération risquent de se heurter à des difficultés de recrutement croissantes », estime BPI France. Les événements internationaux comme la guerre commerciale sino-américaine, les mouvements de baisse de devises (Turquie, Afrique du Sud), le Brexit – même s’il est digéré aujourd’hui – ont entraîné une diminution de la consommation dès le premier trimestre. C’est le constat que fait la Banque de France dans ses observations.

En région Centre-Val de Loire, le commerce peine à décoller. Le fléchissement puise aussi son origine dans la remise en question des modèles de la grande distribution où les enseignes testent la même chose : drive, retour du commerce de proximité en centre-ville. Le commerce indépendant s’interroge tandis qu’Internet grignote les consommateurs. De manière irréversible.

« Soyons raisonnablement optimistes pour les mois qui viennent », assure Olivier Bruneau, le directeur de la Banque de France en Indre-et-Loire. Sa parole, qui compte pour le moral de nos chefs d’entreprise, fait écho à la santé d’une activité économique régionale et départementale encore hésitante et contrastée : le BTP, l’artisanat en pleine négociation sur la loi Finances et la réforme de l’apprentissage, l’agriculture riche en Touraine, mais en souffrance à cause des aléas climatiques, l’emploi qui profite aux jeunes sans pour autant faire baisser le chômage…

Soyons optimistes donc. Car les atouts de la Touraine sont nombreux. L’Indre-et-Loire est le premier département touristique du Val-de-Loire, son appareil de formation et de recherche publique est performant avec ses 27.000 étudiants, ses 2.500 chercheurs également présents à l’INRA et au CEA, ses écoles de commerce et d’ingénieurs, son Institut du médicament, son Campus de start-up, une hausse des entrées dans l’apprentissage de + 5 %. Et pour compléter cet environnement propice à son développement, rappelons que le chômage y est inférieur au niveau national, les activités restent diversifiées et positionnées sur des technologies stratégiques (digital, pharmaceutique, agroalimentaire), très ouvertes à l’international.

Mais il reste tant à faire ici pour faire reculer le chômage. S’ils ont du mal à recruter, sans doute les chefs d’entreprise méconnaissent-ils dans leur majorité l’offre de formation, les 33 structures d’insertion par l’économique et le bon interlocuteur. « C’est le job des chambres consulaires », rappelle Pierre Fabre, le directeur de la Direccte 37. L’année 2019 verra donc se multiplier les rencontres thématiques, les demandes de mise en réseau avec ce double objectif pour les services de l’État : chercher et trouver ce qui bloque et ce qui va bien.

Bruno Pille

343

le nombre de licenciements économiques dans les entreprises d’Indre-et-Loire, hors plans sociaux, enregistré à l’unité départementale Direccte 37.

3.618

nombre de ruptures conventionnelles est resté relativement stable dans notre département, passant de 3.666 en 2016 à 3.618 pendant l’année 2018.

9

La plateforme RegionsJob indique que les offres d’emploi ont augmenté de 9 % au troisième trimestre, en Indre-et-Loire. Le Loiret affiche une croissance de 11 %.