ARTISANAT : dans la souffrance

Dans l’espérance il y a un an, l’artisanat connaît une certaine reprise, mais reste scotché face aux lendemains incertains des négociations des réformes.

Les artisans de proximité parviennent à tirer leur épingle du jeu, mais redoutent les hausses de taxes prévues l'an prochain. (Photo archives NR)
Les artisans de proximité parviennent à tirer leur épingle du jeu, mais redoutent les hausses de taxes prévues l’an prochain. (Photo archives NR)

Pas de gueule de bois pour l’instant. Les clignotants du premier semestre 2018 sont au vert, sur le plan de l’emploi et du nombre d’immatriculations en Indre-et-Loire. Pourtant, et à y regarder de plus près, l’artisanat se débat dans d’âpres discussions, au plus haut sommet de l’État. La réforme du plan d’action pour la transformation des entreprises (Loi PACTE) se vote, chapitre après chapitre sans que les deux parties – le gouvernement et les chambres consulaires avec le lobbying des Régions – ne remportent clairement leurs manches. Et il faudra attendre le vote final des députés, fin mars, pour connaître l’issue d’un match hautement décisif pour nos apprentis et le financement de la formation professionnelle.

Dans ce contexte de négociations très tendues, où la création d’entreprises individuelles classiques et d’auto-entreprises affiche un solde positif, le président de la chambre des métiers et de l’artisanat d’Indre-et-Loire, Gérard Bobier, affiche son optimisme. Mais… Car il y a un mais… La hausse des matières premières comme celui du prix des carburants et de ses taxes, les aléas climatiques qui ont plombé cette année le Bâtiment et les Travaux Publics, l’évolution de l’offre numérique contre le petit commerce et l’offensive de la grande distribution comme ce projet de Village des marques à Sorigny ont ouvert des champs de résistance.

Bruno Pille

L’INDRE-ET-LOIRE VIRE EN TÊTE

Sur les six premiers mois de l’année 2018, les effectifs salariés de l’artisanat de l’Indre-et-Loire virent en tête devant les autres départements du Centre-Val de Loire : + 780. Cette progression se vérifie cependant avec une intensité variable selon les secteurs géographiques : Castelrenaudais (+ 20) ; Chinon, Vienne et Loire (+ 20) ; Bléré-Val de Cher (+ 30) ; Touraine-Val de Vienne (+ 30) ; Val d’Amboise (+ 40) ; Gâtine et Choisilles – Pays de Racan (+ 50) ; Touraine Est Vallées (+ 50) ; Touraine Nord Ouest-Val de Loire (+ 50) ; Loches Sud Touraine (+ 90) ; Touraine-Vallée de l’Indre (+ 140) ; Tours Métropole (+ 350). L’emploi salarié artisanal représente 11,3 % de l’emploi privé départemental.

LES SECTEURS ARTISANAUX À LA HAUSSE

Encore des chiffres à nuancer. Les services et le Bâtiment représentent toujours les plus gros volumes d’opérations au terme du premier semestre. Néanmoins, les immatriculations sont en baisse dans trois secteurs d’activités : les Services (- 9,7 %) ; la Production (- 7,6 %) et le Bâtiment (- 5,4 %). En parallèle, l’Alimentaire observe un léger regain de plus d’1,5 %.

ENTREPRISES CLASSIQUES : MOINS NOMBREUSES

Notre département se classe deuxième avec 226 nouvelles immatriculations contre 289 dans le Loiret. Le bilan annuel sera connu fin février 2019.

747

au premier semestre 2018, l’Indre-et-Loire a enregistré 747 immatriculations au répertoire des Métiers, avec un solde positif de 275 entreprises.

521

le nombre de micro-entreprises créées au premier semestre 2018, contre 223 radiations comptabilisées sur la même période, le chiffre le plus élevé en Centre-Val de Loire.

11.781

le nombre d’entreprises artisanales que compte l’Indre-et-Loire. C’est 208 de plus que dans le département du Loiret et 4.790 de plus que dans l’Indre.

LE TWEET

« Tous les outils numériques doivent être accessibles aux entreprises de toutes tailles, l’accès à la formation des chefs d’entreprise et des salariés doit être facilité. Pour accompagner ces changements, l’accès au crédit doit rester fluide, ce qui, pour l’heure, semble être le cas pour les porteurs d’initiatives. » Gérard Bobier, président CMA Centre-Val de Loire et 37.

LA PHRASE

« Pour doper les affaires, un renforcement de l’offre commerciale et la conquête de nouveaux marchés sont privilégiés. Tous les outils numériques doivent être accessibles… » Gérard Bobier, président de la CMA 37 et Centre-Val de Loire.

23

le pourcentage d’artisans qui ont vu accroître leur activité au premier semestre 2018. Selon la Chambre des métiers et de l’artisanat d’Indre-et-Loire, les prévisions du second semestre sont plus optimistes. Elles seront connues fin février.

artisan sur 10 a déclaré avoir eu recours à du personnel intérimaire, au cours du premier semestre écoulé. En général, deux tiers d’entre eux déclarent des difficultés pour embaucher des candidats, d’abord dans la boulangerie-pâtisserie.